Fin janvier, la Dépêche du Midi soulignait l'effondrement de l'offre dans le neuf sur l'aire urbaine toulousaine. En dépit d'une demande soutenue, l'activité commerciale sur les 9 premiers mois de 2020 accuse un net recul : - 45 % sur les mises en vente, – 34 % sur les ventes et – 23 % sur le stock.
En cause ? La crise sanitaire bien sûr qui freine les chantiers , le mille-feuille de notre administration, la nouvelle réglementation environnementale prévue pour l’été 2021… Mais également la réticence des élus.
Entre 2012 et 2017, l’Aire urbaine de Toulouse a compté en moyenne 18 000 habitants supplémentaires chaque année. Plus de la moitié d’entre eux sont issus d’un excédent migratoire, l’aire urbaine accueillant davantage de ménages qu’elle n’en perd.
Pour héberger ces nouveaux arrivants, la production de nouveaux logements est nécessaire. Le malthusianisme constructif de certains élus ne fait que renforcer la tension qui existe déjà sur l’offre de logements et entretient la hausse des prix (qui profite essentiellement aux logements anciens). Les ménages déjà installés sur une commune peuvent se réjouir de cette hausse : leur patrimoine immobilier se valorise et ils n’ont nul besoin de financer de nouveaux équipements (écoles, crèches, voirie…) via une hausse de leurs impôts locaux. Ainsi les maires espèrent-ils parfois s’attirer les faveurs de leurs électeurs pour conserver leur fauteuil aux élections municipales.
Être maire bâtisseur, c’est faire preuve de courage et de vision. C’est permettre aux nouveaux arrivants de pouvoir se loger dans des conditions décentes et économiquement acceptables. C’est favoriser la production de logements plus économes en énergie, mieux isolés et plus confortables. C’est essayer d’accompagner un mouvement démographique inéluctable plutôt que d’ériger les barrières inutiles de l’entre-soi.